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l’Invitation

C’est un nom inattendu pour une Boulangerie-Pâtisserie : l’Invitation. Ici, vous êtes invités par Carole et Yuni, dont les initiales s’entrelacent amoureusement sur la façade. Un lieu bienveillant, accueillant et chaleureux. Au moins autant que ces deux êtres à l’histoire pas banale, dont la rencontre a donné cette très jolie boutique.

Le combat d’un homme

Il s’appelle Yuniesky, sa femme l’appelle Yuni. Un sourire grand comme les croissants qu’il prépare amoureusement toutes les nuits ; une carrure d’athlète ; et un tempérament chaud, mais réservé. Force et humilité seraient certainement les mots qui caractériseraient le mieux cet homme qui ne se plaint jamais, se lève tous les jours à 2h du matin, et est heureux de faire du très bon pain et d’excellents gâteaux.

Il faut dire qu’il est tombé dedans quand il était petit. Yuni faisait des gâteaux avec sa tante, dès son plus jeune âge, et pas seulement des gâteaux. C’est aussi à ses côtés qu’il a appris à pétrir le pain. A Cuba.

Yuni est né à Cuba, il a grandi au cœur des Caraïbes, au son de la salsa, sans grandes perspectives d’avenir, mais avec un objectif : la boxe.

La boxe, c’était son combat à lui pour un avenir meilleur. Il parvient au meilleur niveau, intègre l’équipe nationale de boxe anglaise, à la Havane, se prend à rêver d’Europe et de liberté. Et touche ses rêves : très vite, il vient boxer en Europe ; et il y reste.

A 20 ans, seul en France, Yuni sait une chose : ici, il veut s’en sortir, percer et rester. Le pain sera son atout, du pain pour nourrir, donner, partager, du pain pour grandir. Il avait ça dans le sang et dans les tripes, fabriquer du pain c’était son talent mais aussi sa passion. Sans hésitation, Yuni se lance. Il passe un CAP en Boulangerie puis un autre en Pâtisserie à L’Ecole de Boulangerie de Paris et Ferrandi, se forme dans les meilleures Boulangeries, Pâtisseries de Paris – chez un Meilleur Ouvrier de France : M. Ganachaud ; figure de la Boulangerie qui le prendra sous en aile et lui transmettra son savoir-faire. Et enfin, il se perfectionnera chez un Compagnon du Devoir au sein de la Pâtisserie L’Essentiel. Un parcours professionnel dont il est fier aujourd’hui, et qui l’a mené jusqu’à la Rue de la République à Toulouse , où sa femme, Carole l’a aidé à réaliser son rêve.

Le parcours d’une femme passionnée

« J’avais réalisé tous mes rêves, j’étais disponible pour l’aider à réaliser le sien ». C’est beau et c’est même comme ça qu’elle l’explique, elle, son parcours. Un parcours tout aussi surprenant que celui de son mari. Et plein de rebondissements, de changements. La recherche permanente de l’association entre ses aspirations personnelles, ses valeurs, et sa vie professionnelle. C’est ainsi que Carole a eu plusieurs vies, par passion.

La passion de la photo, d’abord, à Paris, qui l’a mené à des postes assez élevés dans des sociétés de production. L’image, l’infographie, elle adorait ça. Elle a aimé le côté artistique et créatif de son travail, mais après 10 ans en production, elle a souhaité se  tourner vers une autre passion : La danse. Elle décide alors de se réorienter dans ce milieu-là.

La danse, qu’elle pratique depuis toute petite et qui l’avait déjà menée sur bien des chemins. A commencer par celui du Flamenco à 17 ans. Un voyage en Andalousie, une sortie scolaire au beau milieu des villages blanchis à la chaux et des robes à pois virevoltantes. Elle les a trouvés beaux, tous ces hommes et toutes ces femmes aux talons claquants et aux mains qui font de la musique. Elle a voulu faire comme eux, a appri à danser le Flamenco, puis s’est tournée vers d’autres danses, pour se spécialiser en danses latines.  Au moment de changer de vie, instinctivement elle choisit donc cette voie-là : une formation en danse professionnelle, à Paris.

Dix ans. Elle aura vécu de sa passion pendant dix ans. Une compagnie bien à elle, une école de danse, des tournées, des spectacles, des cours pour tous les niveaux, et même de l’éveil musical en percussions latines : elle fait le tour, et pas qu’une fois ; adore sa vie parisienne, vit pleinement son rêve et profite de la richesse culturelle de cette expérience artistique. Elle est heureuse, mais un jour, naturellement, Carole réalise qu’il lui manque quelque chose : Une famille.

Deux vies et une rencontre

On est en 2012, notre belle danseuse approche de la quarantaine. Il fait beau. Elle participe à un flashmob de Tango argentin sur les marches de l’Opéra Garnier à Paris avec une amie. Objectif : danser le tango. Elle arrive en avance, la copine n’arrive pas. Les gens se mettent à virevolter. Assise sur les marches de l’Opéra, elle attend toujours son amie. L’histoire ne nous dit pas si elle viendra ou pas.

Ce qu’on sait c’est qu’un beau cubain s’est assis à côté d’elle. Brun, séduisant, souriant, elle est sous le charme. « On n’a pas dansé, on a parlé, parlé, parlé, pendant des heures », dit-elle. Ils ne se quitteront plus et cette fois, c’est ensemble qu’ils décident de changer de vie.

Une rencontre, une famille et du pain

Après deux ans d’amour à Paris, l’envie de fonder une famille se fait sentir. « Avoir un enfant, c’était ça, mon nouveau rêve » souligne Carole. « Mais ce n’était pas compatible avec mes horaires dans le milieu de la danse, et j’avais le sentiment d’avoir fait le tour, le besoin de me poser dans un quotidien plus stable avec Yuni ».

Ils décident de quitter Paris et l’évidence s’impose à eux : la boulangerie. Yuni aspire à cela, elle le sait et va tout faire pour que ce rêve à lui devienne leur réalité à eux. Carole veut revenir à Toulouse, et en particulier à Saint Cyprien où elle a vécu de belles années, elle y tient. Ils lâchent tout à Paris et viennent s’installer dans le quartier. Montent un projet solide, si solide qu’ils obtiennent un prêt d’honneur de la part de la Chambre de Commerce et de l’industrie. Ils rachètent un fond de commerce à Saint Cyprien et c’est en  février 2016 l’ouverture de leur boulangerie-pâtisserie : L’Invitation.

Une Boulangerie Pâtisserie où Yuni fait du pain au levain naturel, avec des farines régionales issues de l’agriculture raisonnée et Bio et des viennoiseries et pâtisseries 100% artisanales au sein de son fournil. Du pain qu’il façonne encore à l’ancienne, à la main, et qu’il enfourne à la pelle à bois. Ils y tiennent à cette dimension éthique et artisanale tous les deux : « ce sont nos valeurs que l’on met en avant dans notre boulangerie, nos convictions profondes » explique Carole.

Carole et Yuni ont bien été accueilli par les autres commerçants du quartier, «  Le Lexington Café a tout de suite commandé nos pains spéciaux », explique Carole, le restaurant  « les Bottes Rouges », Rue Charles Viguerie, commande aussi leur pain quotidiennement et d’autres ont suivis. « Votre baguette tradition a été plébiscitée par nos clients » leur avait dit la gérante des Bottes Rouges…

Yuni et Carole ont été touchés par ce bel accueil du quartier ; des clients qui reviennent, à ceux qui raffolent des gâteaux faits-maison de Yuni, le succès arrive et il leur fait du bien.

Entre temps, le couple a eu un bel enfant, cet enfant qu’ils désiraient tant. Et son plus grand plaisir à lui, le jeune Yuni arrivé seule en France à 20 ans et devenu aujourd’hui chef d’entreprise, c’est de s’asseoir au comptoir de son magasin, son petit garçon sur les genoux et d’écouter les commentaires des clients sur ses exquises pâtisseries au doux parfum d’enfance cubaine.

Boulangerie L'Invitation quartier Saint-Cyprien Toulouse

 

 

Photo by Studio le Carré
Texte : Milia Legasa
Site by Agence Novo

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