Histoire

La grande inondation de 1875

La grande inondation de 1875.

Cette crue catastrophique, la plus importante qu’ait connue Toulouse, a marqué durablement les esprits, notamment à Saint-Cyprien.

La Garonne peut être capricieuse. Tout au long de l’Histoire, elle est régulièrement sortie de son lit. Mais la crue de 1875 demeure l’épisode le plus dramatique pour la ville de Toulouse.

Dès le matin du 23 juin 1875, le fleuve déborde, gonflé en amont par des neiges exceptionnellement abondantes tombées sur les Pyrénées. Rive droite, l’eau submerge les bas quartiers de l’Île du Ramier et de Saint-Michel, le port Garaud, les Amidonniers et les maisons le long de la Garonnette. Fort heureusement les gens sont vite avertis et évacués. Le pont Saint-Pierre est emporté en début d’après-midi. Il ne sera pas le seul à ne pas résister à la force des flots. Les ponts Saint-Michel et Empalot subissent le même sort. 

Saint-Cyprien sous les eaux

Mais c’est rive gauche que les dégâts et les victimes se comptent en nombre. Saint-Cyprien est durement touché. Le mur-digue du Cours Dillon s’avère incapable d’endiguer les flots tumultueux. Le niveau de la Garonne dépasse déjà la hauteur du mur. Les eaux envahissent le quartier, balayant presque tout sur leur passage. Ici, les habitations sont modestes, en terre crue, elles cèdent face à la colère du fleuve. Des familles réfugiées sur les toits sont emportées pendant la nuit. Les sauveteurs font leur possible mais ne peuvent sauver tout le monde.

Désolation

Le lendemain, tout n’est plus que désolation. 1140 maisons ont été détruites. On dénombre 209 morts. Les cadavres retrouvés dans les décombres sont photographiés à fins d’identification, avant d’être envoyés au « carré des noyés » du cimetière Terre-Cabade. Les journaux évoquent parmi les éléments charriés par la Garonne des chevaux morts et des ours provenant des montagnes, mais aussi des cadavres venus d’ailleurs, des cercueils et des croix de cimetière.

Le 26 juin, le président Mac-Mahon se rend en personne sur les lieux pour constater l’ampleur de la catastrophe.

Un élan de solidarité

Bientôt la solidarité s’organise pour relever le quartier sinistré de Saint-Cyprien : la mairie alloue 100 000 francs pour les secours. Divers comités lèvent des fonds. Sur le plan national l’Assemblée prévoit un crédit de 2 millions de francs, et l’étranger aussi apporte son aide avec des dons du pape Pie IX et du lord-maire de Londres.

La pire crue

Avec un niveau d’eau atteint entre 8,32m et 9m selon les sources, l’inondation de 1875 demeure sans précédent.

Aujourd’hui encore la fontaine de la place Olivier commémore la catastrophe et rend hommage à ceux qui ont aidé le quartier dans ces heures difficiles.

 

Source : http://www.toulouse-inondation.org/page-100/histoire-des-crues.html

Un récit d’époque de la crue : http://www.toulouse-inondation.org/page-110/les-crues-de-1875.html

 

Illustration 1 : Place du Chairedon, Jean-Baptiste Allard – Ville de Toulouse, Archives municipales, cote 3Fi1248

Illustration 2 : Rue Viguerie, Amédée Trantoul – Ville de Toulouse, Archives municipales, cote 1Fi1196

Texte : Viviane Bergue

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