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Moustiques, ce n’est pas fini…

Non, les moustiques ne sont pas partis, et même si le petit coup de frais récent semblait avoir fait diminuer leur présence, ce fléau pourrait bien jouer les prolongations jusqu’à Noël. La sècheresse généralisée sur toute la France a largement contribué à la prolifération, notamment du célèbre moustique tigre. Et ce n’est pas le redoux de cette fin de semaine qui va arranger les choses.

Pourquoi les moustiques s’incrustent ?

Nos chers moustiques bénéficient de conditions idéales. C’est en effet l’alternance entre de courts épisodes de pluie et des phases de redoux qui apporte à la fois l’eau nécessaire au développement des larves et la douceur qu’ils affectionnent. Sans eau, impossible au moustique de se reproduire. Mais les messages de sensibilisation diffusés par la municipalité ne suffisent pas à modifier les comportements. Des feuilles mortes accumulées dans une gouttière, une bâche plastique oubliée sur un balcon, ou tout simplement une coupelle sous un pot de fleur sont autant de nids potentiels pour le moustique. Le message de la municipalité résume ainsi la problématique : luttez contre les eaux stagnantes.

Zéro efficacité sans solidarité

Le Meilleur Quartier ajoute un second conseil à celui de la municipalité : malheureusement l’efficacité de vos actions sera minimisée si votre voisin ne joue pas le jeu. Le moustique a un champs d’action de 50 à 150 mètres. Autant dire que les moustiques « élevés » par votre voisin n’hésiteront pas à venir chez vous pour le dessert. Je passe, pour ma part, chaque jour devant le jardin à l’abandon de mon voisin où les chaises de jardin retournées, les bâches plastiques, et autres objets sont un microcosme de première classe pour les moustiques. Si les voisins ne se sentent pas concernés, c’est peut-être qu’ils ne sont pas informés. A nous d’aller prêcher la bonne parole auprès d’eux.

Le moustique en quelques mots

Le mâle ne vit que quelques jours alors que la femelle a une espérance de vie de deux à plusieurs mois selon les espèces, car certaines sont capables d’hiberner. Pas de chance pour nous, c’est la femelle qui est responsable des piqures qui gâchent nos soirées d’été. Les moustiques s’accouplent en plein vol, et une fois fécondée, la femelle a besoin d’un repas de sang pour développer une portée de 150 à 200 œufs qu’elle pondra à la surface d’un petit plan d’eau stagnante. En cas d’évaporation, les œufs peuvent rester en paquets sans se dessécher, durant plusieurs mois en attendant le retour de l’eau. Là, la larve qui ressemble à un têtard de l’épaisseur d’un cheveux, subira 4 mutations avant d’atteindre l’état de lymphe, dernière étape avant l’éclosion de l’insecte volant suceur de sang…

La démoustication

La municipalité n’effectue pas de démoustication systématique et nous les en remercions, car les produits réputés efficaces à base de pyréthrinoïdes, et annoncés comme inoffensifs pour l’homme, sont nocifs pour d’autres variétés d’insectes. Et dans tous les cas, d’une efficacité très limitée dans le temps (1 à 2 semaines). Sans compter que le moustique tigre, comme de nombreux insectes, est réputé pour sa capacité à s’adapter et à devenir résistant aux traitements… Les actions de démoustication sont donc réservées à des situations plus importantes que le simple confort des habitants. Notamment lorsqu’un cas de maladie tropicale (Dengue, Chikungunya, Zika…) transmissible par le moustique tigre est suspecté, une démoustication est effectuée dans un rayon de 150 mètres autour de l’habitation du porteur présumé. Dans la nuit de dimanche à lundi, le weekend dernier, une action de ce type a d’ailleurs été menée dans notre quartier Saint-Cyprien suite au signalement d’un cas présumé de maladie tropicale chez un individu qui avait effectué un séjour dans un pays étranger.

Comment lutter contre le moustique

Nous l’avons vu, le rayon d’action du moustique n’est que d’une centaine de mètres environ. Par conséquent, sachez que s’il y a des moustiques chez vous, c’est qu’il y a un lieu de ponte dans un rayon d’environ 100 mètres. Cherchez, identifiez et éliminez tous les points d’eau stagnante chez vous, sur votre balcon, dans votre jardin, dans vos gouttière… Même un vase avec des fleurs peut contenir des larves si vous ne changez pas l’eau régulièrement. Et prenez garde aux endroits frais et couverts comme une cave ou un garage car quelques goutes de rosées ou de condensation suffisent.  Éclaircissez vos massifs et évitez les plantes grimpantes car les végétaux denses sont l’habitat idéal pour le moustique. Seconde étape, mobilisez vos voisins proches car nous l’avons vu, la solidarité est de mise face à cet insecte relativement sédentaire. Ils devront faire preuve de la même rigueur que vous, si vous voulez que vos efforts payent. La troisième étape consistera dans la mise en place d’un dispositif. Oui, face au moustique, il n’y a pas une solution miracle. C’est la somme de plusieurs actions qui donnera les meilleurs résultats. Le moustique sort le soir entre 18h et 20h, à la fraiche, même si le tigre brise les codes et semble être actif 24h/24. Certains produits répulsifs ont prouvé leur efficacité mais il ne faut pas oublier de renouveler l’application car son action est limitée dans le temps. Appliquez sur les zones découvertes, en priorité les chevilles, les avants-bras, mais aussi le coup, les oreilles et les cheveux en évitant le visage. Brulez chaque soir une spirale anti-moustique, installez quelques pièges dans les alentours… ces actions conjuguées peuvent avoir leur efficacité. Enfin, munissez-vous d’une raquette électrique. Son efficacité sur le moustique est redoutable. Le seul souci étant de ne pas perdre de vue le dit moustique le temps de vous saisir de la raquette. En dernier recours, si vous prenez l’apéritif dehors, sachez que le ventilateur ne protège pas que de la chaleur. Le moustique est un frêle insecte qui déteste le vent qui l’empêche de se stabiliser…

La Bat Solution !

Une nouvelle tendance est née, notamment à Toulouse à l’initiative d’un habitant du quartier Croix-Daurade, il s’agit du recours à la chauve-souris. Ce petit mammifère volant peut engloutir jusqu’à 1200 moustiques à l’heure et il se trouve que la Pipistrelle qui évolue en Europe est une espèce protégée. 2 bonnes raisons pour cet habitant et sa voisine qui ont eu l’idée d’installer des perchoirs à chauve-souris sur la façade de leurs habitations. Une idée qui a fait des émules dans le quartier puisqu’une trentaine de voisins ont suivi la même méthode. C’est un peu tard pour cette année car le nichoir doit idéalement être installé le plus haut possible au mois de mars mais il n’est pas trop tôt pour se préparer à l’été prochain… Avis aux habitants de Saint-Cyprien, faisons de notre beau quartier une zone bat-friendly. C’est une solution vertueuse à plus d’un titre et même si la peur des chauve-souris est une phobie relativement répandue, entre moustiques ennemis et Bat-copines certains trouverons peut-être une raison de vaincre leur peur…