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Il était une fois Saint-Cyprien…

Saint-Cyprien est l’un des plus vieux quartiers de Toulouse, riche d’une longue histoire. Découvrez comment les siècles ont modelé ce qui est sans conteste (et avec un brin de chauvinisme), le meilleur quartier de la Ville rose. Il était une fois Saint-Cyprien…

Les débuts

Les premières mentions de Saint-Cyprien datent du XIIe siècle. Un acte de 1177 désigne le faubourg vila sancti Cypriani. Il tire son nom d’un saint abbé du Ve siècle connu pour sa bonté envers les malades.
Historiquement Saint-Cyprien est aussi associé à la Patte d’oie et à la reine Pédauque (pè d’auca, pied d’oie en occitan). Cette reine légendaire aurait vécu à l’époque où Toulouse était la capitale du royaume des Wisigoths.

Un faubourg mal défendu

Au XIIe siècle, Saint-Cyprien est relié à la cité par le pont de la Daurade. Cependant le faubourg constitue une faille dans la défense de la Ville rose. En effet, il ne dispose pas encore de véritables remparts. Simon de Montfort n’a donc pas de mal à entrer dans Toulouse, âprement défendue par le comte Raymond VI et ses troupes, en passant par ce secteur.
On comprend mieux pourquoi deux siècles plus tard, sous le règne de François Ier, on érige une fortification militaire pour protéger la rive gauche de la Garonne.

Les embellissements du XVIIIe siècle

Il faut attendre le XVIIIe siècle pour voir Saint-Cyprien commencer à changer et prendre progressivement la physionomie qu’on lui connaît aujourd’hui. En 1764, d’importants travaux d’embellissement sont menés par Joseph-Marie de Saget. C’est à cette période que la place Saint-Cyprien, alors dénommée place Loménie-Brienne, voit le jour. Et en 1794, l’ancien faubourg devient partie intégrante de Toulouse.

Saint-Cyprien et la bataille de Toulouse

L’histoire de Saint-Cyprien va se mêler à la grande Histoire. Ainsi le 10 avril 1814, le quartier est le théâtre de la bataille de Toulouse, opposant les troupes napoléoniennes commandées par Soult, à la coalition anglo-hispano-portugaise. L’issue de cette bataille demeure incertaine. Victoire ou défaite pour les troupes impériales qui parviennent à évacuer la ville et à perdre moins d’hommes que la coalition mais ne peuvent conserver Toulouse ? En tout cas, le duc de Wellington, qui commande la coalition, est acclamé par les royalistes.
Ce n’est qu’après la défaite de Waterloo en 1815 que des troubles auront lieu dans Toulouse. Les bonapartistes seront en effet réprimés par les ultraroyalistes.

Au XIXe siècle, un quartier pauvre

À partir de 1844, Saint-Cyprien s’ouvre de plus en plus. Cependant, le quartier demeure pauvre, et abrite la plus importante communauté gitane de la ville. Les habitations sont également très modestes. Lors de la grande inondation de 1875, c’est la dévastation. Saint-Cyprien recevra une aide publique et de nombreux dons, y compris de l’étranger, pour se reconstruire.

Terre d’asile

À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Toulouse accueille les républicains espagnols fuyant la dictature de Franco. Beaucoup s’installent à Saint-Cyprien. Ils joueront un rôle important dans la Résistance locale, et seront à l’origine, à la fin de la guerre, de l’hôpital Joseph-Ducuing.

L’histoire de Saint-Cyprien est étroitement liée au peuple. Il a toujours été un quartier d’asile et d’accueil des plus démunis. Aujourd’hui, terre de mixité, théâtre de nombreux événements multiculturels, le quartier porte encore cet héritage.

 

Image : Le quartier Saint-Cyprien. Plan de la ville de Toulouse (détail), 1886. Archives municipales de Toulouse.

Texte : Viviane Bergue

Image : archives de Toulouse

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